Des mets et des mots

Mon premier billet traitait de toute l’importance que j’accorde à la nourriture et à la facette familiale qu’elle implique. Pourtant, bien que ma mère cuisinait beaucoup lorsque j’étais jeune, ses mets étaient simples et relevaient quelque peu de la routine obligée. Je n’ai pas appris la différence entre brunoise, julienne et dés à la maison. Pas plus que j’ai appris à manier les couteaux correctement ou à retirer du feu les légumes un peu trop croquants parce qu’ils continuent de cuire hors du feu.

Je ne suis pas née cuisinomane. Au contraire, je le suis devenue par mon côté je-veux-tout-lire, c’est-à-dire : on m’offre un livre, je le lis au complet. Vraiment. Cela inclut les livres de recettes.

C’est ainsi qu’à mon (premier) départ du nid familial, ma mère m’a offert un livre qui a vraiment changé ma vie. Pour certains, c’est Le Petit Prince de Saint-Exupéry, pour moi, c’est La croûte cassée. Aussi simple et bête que cela puisse paraître. Avec ce recueil de recettes, je me suis esclaffée (oh la découverte de l’humour culinaire!) et j’ai appris à bien remplir les estomacs de ceux que j’aime. Encore aujourd’hui, c’est LE livre que j’ouvre en premier.

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 Nous souhaitons que notre approche conviviale inspire les plus récalcitrants et qu’ils ne se sentent plus démunis devant un fourneau (vous savez, cette chose carrée avec une porte et des boutons), que les mangeurs endurcis à grand coups de repas congelés et de livraisons « en moins-de-30-minutes-ou-c’est-gratuit » prennent goût à la vraie bouffe, que ceux qui sont cassés jusqu’au cou réalisent qu’il y a une vie après le macaroni au fromage et les soupes en sachet. (p.9)

Mon goût pour tout lire s’est fusionné à mon amour de la bouffe pour ainsi me faire remarquer et retenir tout passage s’apparentant à la bouffe dans la littérature. Et comme on a tous un petit côté bizarre dans la vie, je vous parle de mes coups de cœur survenant aux moments les plus inattendus dans ma vie de lectrice compulsive. Je ne peux pas vous faire le résumé d’un livre lu récemment, mais je peux vous parler de cette page où tel personnage a mangé tel truc. Oui, j’ai une mémoire sélective.

Vi de Kim Thúy

Quelle beauté de plonger dans les mots d’un Vietnam nous étant inconnu.

Au début, je trouvais très fade la soupe tonkinoise de la cuisinière-restauratrice installée sur le trottoir devant mon hôtel. Avec le temps, j’ai appris à apprécier la sobriété qui me permettait de goûter la feuille de lime kaffir dans la version au poulet et le gingembre grillé dans celle au bœuf. Évidemment, il fallait que je supplie la dame de ne pas assaisonner mon bol avec une cuillerée de glutamate monosodique, un ingrédient précieux pendant la guerre. Dans les années les plus difficiles, ce sel n’était pas utilisé seulement comme exhausteur de goût. Il était le goût même, le seul ingrédient ajouté au riz blanc. (p.102-103)

Le jeu des hirondelles de Zeina Abirached

En 1984, dans un Liban en guerre, une grand-mère trouve le moyen d’égayer le quotidien de ces petits-enfants. Un roman graphique démontrant le pouvoir du tissu familial dans des conditions inhumaines.

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Aya de Youpougon de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie

Les aventures de Aya, jeune Ivoirienne habitant Youpougon, un quartier populaire de Abidjan, sont un pur délice… tout autant que la section des recettes à la fin de chaque tome! Une bande dessinée à dévorer, du vrai bonbon!

Aya de Youpougon, tome 2,
Le kédjénou de poulet, Aya de Youpougon, tome 2

 Paul dans le métro de Michel Rabagliati

Quand Josée Di Stasio vient glisser son nez dans une ou deux cases de bande dessinée… !

J’ai lu des tas de livres dans ma vie, mais les bandes dessinées occupent une place spéciale dans mon cœur… et ma bibliothèque. Je vous ferai, de temps à autres, des suggestions de lecture dans lesquelles la nourriture est au premier plan. Sympa, non?

J’aimerais que vous me partagiez un extrait de livre où les papilles s’animent. Faites-moi découvrir une page impossible à oublier!

 

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3 commentaires sur “Des mets et des mots

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  1. Très bon article, je lis beaucoup de romans québécois et on y retrouve souvent des passages de la bouffe dans le temps, beaucoup de bouffe animale et toute les façons comment les gens pouvaient pour survivre n élevant des animaux pour ensuite faire boucherie et aller à la chasse, c’est très intéressant, il y a aussi tout le côté des aliments non transformés de l’époque que ce soit la viande, les légumes du jardin, la cueillette des fruits, les marinades, les confitures , la conservation des aliments surtout l’hiver , aucun agent de conservation dans le temps, l’époque du poisson salé pour conserver celui-ci faute de frigo et de bateau usine ce sont tous des passages des livres qui m’intéresse beaucoup.

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